En ce mois saint, il est recommandé de produire des actes et des paroles incarnant la vertu, l’intégrité et la fraternité.

Au moment où l’Hydre terroriste endeuille la nation d’un bout à l’autre du territoire, l’on assiste malencontreusement à la recrudescence des interpellations et des arrestations des citoyens, parfois même pour s’être exprimés sur les tenants et aboutissants de cette tragédie.

Aussi, Nous, Nigériennes et Nigériens, soucieux de la préservation de l’héritage que nous ont légués nos pères, notamment une nation laborieusement mise en chantier, et engagés que nous sommes dans la consolidation du bien-être collectif, adressons humblement un appel :

-Aux jeunes et anciennes générations ;

-Aux hommes et aux femmes ;

-Aux autorités politiques, administratives, religieuses et coutumières ;

-Au gouvernement et aux pouvoirs publics;

-Aux partis politiques et à leurs militants ;

-Aux organisations de la Société civile ;

-Afin que Chacun, au meilleur de ses capacités, s’investisse pleinement, dans un élan patriotique, par un dialogue ouvert, à l’apaisement des cœurs et des esprits.

L’exemple de sagesse et de modération venant toujours d’en haut, il importe surtout aux gouvernants d’œuvrer pour le renforcement de nos valeurs culturelles, dont la tolérance, la solidarité et la cohabitation intercommunautaires et la dignité de la personne humaine ne sont pas les moindres.

En tout état de cause, le cadre républicain et démocratique que nous avons volontairement choisi devrait pouvoir permettre le respect et l’application du principe d’égalité des citoyens devant la loi, quelles que soient leurs appartenances, partisanes aussi bien que communautaires.

Aussi, gouverner une nation en construction ne devrait en aucun cas, donner l’impression aux citoyens d’un règlement de comptes ou d’une chasse aux sorcières, prélude à une tentation autoritariste, à l’ostracisme et à l’exclusion, sources bien connues d’instabilité politique en Afrique.

Le Nigérien n’est pas l’ennemi du Nigérien, il ne pourrait tout au plus qu’en être un adversaire politique. Or, notre loi fondamentale reconnait des droits inaliénables aussi bien à l’Opposition politique, à la Société civile qu’au Citoyen. Les reconnaître simplement épargnerait à notre pays des tensions et des querelles inutiles.

Les Nigériens aspirent à la consolidation de l’État de droit, des droits humains et de la démocratisation de l’espace public. Le Niger a besoin de débat public et citoyen, d’échanges constructifs, qui renforcent la fraternité, l’amitié, la coopération et la paix.

Le Niger a besoin d’être dans le monde, d’accéder aux apports technologiques et scientifiques de l’humanité, de cultiver l’esprit créatif de sa jeunesse, de partager sa richesse culturelle.

Nous devons déterminer notre manière de voir notre pays, de le sentir, de le penser, de le rêver. Nous devons retrouver le sens de la dignité pour que réémerge notre sens de responsabilité car nos points de repères sont entrain de disparaître.

Pour une synthèse réussie de notre vivre ensemble, tirons profit de nos différences, du travail maîtrisé de nos divergences reconnues et affrontés ensemble.

En avant pour l’édification d’une nation solidaire, prospère et bien gouvernée !

Que Dieu bénisse le Niger, sa terre et ses habitants !

© Crédit photo : ANP

Hélène Djondo,

Dr. Elisabeth Sherif,

Dr. Abdoul Mamane,

Dr. Farmo Moumouni,

Pr. Issoufou Yahaya,

Dr. Souley Adji,

Dr. Sidi Bilan.