Les incidents sécuritaires survenus, en début mai 2019, dans les États nigérians – Kano, Katsina et Sokoto – frontaliers avec la Région de Maradi ont poussé les ressortissants de ces régions à se réfugier dans le département de Guidan-Roumji. Pour appréhender l’urgence et la situation sur le terrain, une mission conjointe sur le terrain a réuni, du 16 au 21 mai 2019, plusieurs acteurs comme :

-la Direction générale chargée des migrations et des réfugiés (DGCM-R) du Ministère de l’intérieur (chef de mission) ;

-le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) avec son représentant adjoint et son équipe d’appui ;

-le Gouvernorat de la Région de Maradi, avec le Conseiller du Gouverneur, le Préfet de Guidan-Roumji, le maire de Tibiri, la Direction régionale de l’état civil des migrations et des réfugiés (DRECM-R) de Maradi et des Directeurs régionaux ;

-les Agences des Nations Unies basées à Maradi et Zinder (PAM, UNICEF, OCHA, OMS, FAO et UNDSS), tout comme des partenaires de l’UNHCR comme l’Organisation Non Gouvernementale Action Pour le Bien Etre (APBE) et le Comité International pour l’Aide d’Urgence et le Développement (CIAUD-Canada), en charge notamment de la protection de la gestion multisectorielle et du monitoring des flux migratoires.

Le Rapport final de la mission conjointe a permis de dresser le profil des réfugiés, leurs motifs de fuite et d’appréhender leurs conditions de vie. Le Gouvernorat de Maradi estime les réfugiés présents dans la région à plus de 20 000 individus. Les ressortissants nigérians sont principalement issus de l’État de Sokoto et fuient les attaques  des groupes armés comme Boko Haram et des malfaiteurs, ainsi que des enlèvements, des attaques à main armée, des assassinats et des demandes de rançons. Les populations concernées sont des Bobirawas, des Katsinawas, des Zanfarawas, des Kanouris, des Peuls Djermas, des Peuls Haoussas et des Touaregs Aggazaren. Les enfants sont dans leur grande majorité déscolarisés et la sécurité des populations est alarmante au regard de la volonté de Boko Haram de poursuivre les populations qui n’ont pas effectué le paiement des rançons réclamées. Ces cas d’enfants atteints de la malnutrition modérée ont été identifiés à Bassira et une multitude d’enfants de plus de 12 mois sont sans aucune vaccination.

Une crise alimentaire s’amorce dans la région au regard de l’insuffisance des ressources des populations et la fragilité des familles réfugiées. Il existe de réels besoins humanitaires dans la Région nécessitant un sursaut national.

Par L'INESI Le 30 Mai 2019